La poésie du quotidien

Deuxième semaine : Poésie et espace public

Deuxième semaine : Poésie et espace public

On ne refait pas le monde seul.

L’acte d’écriture en est souvent un solitaire, mais on n’est jamais isolé en poésie : les poètes nous accompagnent partout où l’on va ; parfois c’est une strophe, d’autres fois c’est ce qu’a fait naître le recueil en nous. Afin de trouver quels poètes pourraient t’accompagner cette semaine, je te propose de fouiller dans l’anthologie des Voix de la poésie, et n’hésite pas à utiliser  la roulette poétique  ! Une autre manière d’apprendre à connaître un poète est de l’entendre réciter. Chacun des nouveaux recueils des éditions de l’Écrou est accompagné d’une bande-annonce où les poètes récitent un extrait de leur nouveau livre. Tu peux écouter tous les auteurs sur la chaîne YouTube de l’Écrou. Tu vas voir, leurs interprétations sont parfois surprenantes !

Je répète sans cesse que si quelqu’un affirme qu’il n’aime pas la poésie, c’est que cette personne n’a pas encore trouvé un poète qui lui parlait. C’est très personnel la poésie, même si c’est un langage universel, et il faut en lire pour trouver ce qui nous touche. Trouve au moins un nouveau poète (ou poème) à aimer cette semaine. Prends des notes dans ton cahier, recopie un poème, apprends-en un par cœur, récite-le à voix haute, écris une réponse à un poème (ou une suite), compose une carte postale ou une lettre à un poète ; prends des libertés !

 

EXERCICE DE CRÉATION :

Les poètes s’influencent entre eux et se répondent l’un à l’autre. Le « Speak White» de Michèle Lalonde est rapidement devenu un des poèmes les plus connus de la poésie québécoise. Il s’adressait à tous et parlait de la langue française à préserver en moment de doute. As-tu déjà entendu parler de la réponse que Marco Micone a écrite, intitulée « Speak What», qui donnait plutôt le point de vue d’un immigrant ? Marie-Christine Lemieux-Couture, dans le contexte de la grève étudiante au Québec en 2012, a quant à elle écrit « Speak rich en tabarnaque» qui était une réponse du point de vue de l’étudiante. Écris une réponse à un poème avec lequel tu n’es pas d’accord, ou encore que tu as envie de continuer.

 

À la bibliothèque :

  • Tu es à Montréal ? Va voir la murale de Gérald Godin au métro Mont-Royal. Tu es à Toronto ? Va voir le poème de bpNichol gravé dans la rue qui porte son nom. Tu es à Québec? Ne manque pas les chaises de Michel Goulet avec des poèmes devant le Gare du Palais. Tu es à Trois-Rivières ? Partout dans cette capitale autoproclamée de la poésie tu trouveras des poèmes accrochés aux murs extérieurs des maisons et sur les commerces. Tu es à New York ? Va voir la murale de Barbara Kruger sur la High Line ou porte attention aux bouches d’égout : sur certaines est gravée une phrase de Lawrence Weiner.
  • Tu es à Winnipeg ? À Edmonton ? À Vancouver ? À Halifax ? Que découvres-tu ?
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  • Que tu sois n’importe où dans le monde, tu trouveras des poèmes qui envahissent l’espace public, qui font partie du paysage de la ville.
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  • Examine tes médias sociaux pour en voir passer sur Facebook, Snapchat, Instagram, Twitter ou Pinterest. Inscris-toi à de nouveaux groupes de médias sociaux qui ont pour mots-clés la poésie, les mots dans l’espace public, les mots dans l’art… Surprends-toi !
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  • Tu as envie d’en voir encore plus ? Dans ma bibliothèque, il y a Les mots dans la peinture de Michel Butor ; Writing On The Wall: Word and Image In Modern Art de Simon Morley; l’anthologie Written On The City: Graffiti Messages Worldwide d’Alex Jobin et Josh Kamler, plusieurs ouvrages de référence sur Jenny Holzer et sur les fanzines. N’hésite pas à consulter la section art public et poésie/les mots dans l’art de ta bibliothèque !