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beauté formol

On réfléchit à la beauté et aux circonstances où elle est mise de l’avant dans ce poème coup de poing qui se déroule dans une clinique d’avortement.

beauté formol
Chloé Savoie-Bernard

Ladyshave gri-gri

Ce poème transforme un rasoir rose de femme en amulette afin de lutter contre l’appel de la drogue.

Ladyshave gri-gri
Jean-Sébastien Larouche

Le matin se lève...

Les premières amours, les premières envies d’aimer se donnent à lire dans ces réflexions sur les rêves et l’éveil.

Le matin se lève...
Louise Dupré

J’ai pris un coup de lune

Un peuple, des insectes et les éléments s’unissent dans ce poème tout en tension qui annonce le changement, le soulèvement.

J’ai pris un coup de lune
Anthony Phelps

On the road again 2

La nature et la foi font ici l’éloge d’un nomadisme inséparable de la poésie

On the road again 2
Rita Mestokosho

Je t’écris

Un poème qui traduit le sentiment de dépossession en l’absence de l’être aimé.

Je t’écris
Gaston Miron

la spelling bee

Un poème ludique qui souligne l’importance de la langue et de l’effet qu’ont les mots sur nous.

la spelling bee
Georgette Leblanc

La romance du vin

Une envolée sur l’art et la vie marquée par l’ironie. L'amertume du narrateur fait écho à ses appels à la gaieté.

La romance du vin
Émile Nelligan

La mer

La mer se révèle majestueuse et amoureuse du ciel, à travers un regard contemplatif ancré à la terre.

La mer
Nérée Beauchemin
La roulette poétique

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Des poètes

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Un poète pour déjeuner

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beauté formol

Chloé Savoie-Bernard

une réceptionniste deux fois infirmière

un membre du personnel soignant et même

le médecin alors qu’elle avait les mains

dans mon sexe me défaisant de ma grossesse

chaque fois elles m’ont dit tu es belle

la jolie mademoiselle ritournelle ma beauté

chœur grec qu’annoncez-vous

ma beauté gun qui shine retourné contre ma tempe

alors vraiment je suis belle grand bien m’en fasse

ça me fait une belle jambe les chevilles coincées

dans les étriers un bébé mort en petits morceaux

entre les jambes tombe-t-il

qui le rattrape je suis belle le nez

qui coule les yeux qui braillent

il meurt il meurt je suis belle

est-ce que cela m’absout est-ce que

cela me sauve

 

cette

beauté

Ladyshave gri-gri

Jean-Sébastien Larouche

Certitude de solitude.

Que je niaiserais.

Totalement seul ce soir.

Coupé du monde

avec un rasoir rose.

De plastique rose.

Pour jambes de femme.

             Rose.

Ladyshave gri-gri dans une main

pour les imprévus.

Un shooter de souvenir dans l’autre.

Bien pour rien.

 

Mais ils sont venus.

Les squelettes vaudous.

Peuplant la salle à dîner.

Bombant les murs du salon

à la canette. Plein de symboles blancs

           mais magie noire.

 

Dans la cohue dans la fumée

je les vois rouler

copieusement des joints.

Et s’échanger seringues et malin.

 

Ils suçent leur moelle à la paille

ou avec un cinq piastres enroulé.

Ils crient. Ils tombent.

Sur leurs os débauchés.

Et ils baisent dans la chambre d’ami.

 

They just won’t leave me.

Alone ‘n’ neat.

La tête dans l’évier.

Mouillant ma face de dépit.

 

Le frottis de leurs os

m’agace

m’invite.

Ils s’excitent

à la vue de ma peau.

Ils tendent leurs bras secs.

Ils déploient leurs doigts froids.

Et ils griffent découpent

tout l’espace.

Et le temps aussi.

 

Pis.

Ils rient.

 

Basculant la mâchoire

           frénétiquement.

Ils font semblant.

Le geste d’enfiler un manteau.

 

Les salauds.

Le matin se lève...

Louise Dupré

Le matin se lève toujours trop tôt

car le cœur ne vibre

que la nuit, dans le noir

recouvrant les rêves

un doux velours tendu

à la fenêtre, le verbe aimer

conjugué au futur

le contour d’une silhouette

encore inconnue

mais qui viendra un jour

dans ma vie

je la reconnaîtrai à ses lèvres

suspendues à la mer

ou à sa passion

pour les langues laissant chanter

leurs voyelles

Il faudra me fier à ces antennes

qu’on sent parfois sous la peau

ces frêles antennes

de papillon en éveil

J’ai pris un coup de lune

Anthony Phelps

J’ai pris un coup de lune

à force de veiller la naissance de l’aube

Les criquets scient le calme

de leur voix de fer-blanc

Un saxophone joue dans ma tête un air ancien

et les écailles de la mémoire

s’emboîtent et se rassemblent

 

Nous sommes les Araignées du soir

et nous tissons l’espoir avec le bleu du ciel

et le suc de nos mots

Sur les rayons de l’aube

nous secrétons un fil incassable et ténu

bleuté comme l’acier

car passé est le temps où nous filions la peur

 

Nous sommes les Araignées du soir

dévidant notre folle flamme

Le feu longtemps a hésité

sur l’humidité des brindilles

et longtemps en solo ont joué les ruisseaux

leur partie d’affluents

mais nous sommes arrivés

à cette époque d’avant la ponte

où les sources fatiguées d’enfanter des galets

rêvent d’herbes aromatiques

et de poissons zébrés d’argent !

 

Voici que dans cette heure

qui n’appartient plus à la nuit

chaque cellule de ma terre

bouge de vie nouvelle

et sur les grands chemins menant au cœur

les hommes de mon pays

les poings durcis les pieds lavés

et les filles d’eau pure

aux yeux couleur de poudre de cannelle

d’une démarche lente et lourde

montent vers le mapou s’assembler

pour la veillée commune

 

Accourez jeunes gens

c’est le temps de la flamme plus haute et verticale !

Nos gestes ne sont plus d’emprunt

les plus belles paroles

nous appartiennent désormais

car les mots délavés ont repris leur couleur

La terre n’est plus molle où s’enfonçaient nos pas

et la croûte durcie

crisse sa joie de rythmer notre marche

 

Nous sommes les Araignées du soir

tissant la vie nouvelle

le cœur allumé aux dernières étoiles

et dans le matin neuf notre baguette de sourcier

montre la nappe souterraine

On the road again 2

Rita Mestokosho

Je crois bien

sur la route, sur la mer

sur mes pieds

je scrute mes pas

qui avancent et reculent

par l’eau salée

par les rivières dénudées

par le gravier du coin

par les sentiers de mon cœur

mais surtout

c’est mon âme

qui sourit depuis ce matin.

 

Je crois bien

que le poème est la survie

de nos âmes nomades.

Ce soir j’irai me baigner

dans la sueur des gens,

et je nettoierai mes plaies

à même la chaleur des pierres.

Je chanterai en silence

par la seule force de ma pensée.

 

Je crois

que la prière est source de paix

elle voyage comme une amie

car elle parle en silence

le langage du cœur.

Elle ne demande pas

elle partage la profondeur

de l’instant.

 

Rita

Je t’écris

Gaston Miron

Je t’écris pour te dire que je t’aime

que mon cœur qui voyage tous les jours

— le cœur parti dans la dernière neige

le cœur parti dans les yeux qui passent

le cœur parti dans les ciels d’hypnose —

revient le soir comme une bête atteinte

 

Qu’es-tu devenue toi comme hier

moi j’ai noir éclaté dans la tête

j’ai froid dans la main

j’ai l’ennui comme un disque rengaine

j’ai peur d’aller seul de disparaître demain

sans ta vague à mon corps

sans ta voix de mousse humide

c’est ma vie que j’ai mal et ton absence

 

Le temps saigne

quand donc aurai-je de tes nouvelles

je t’écris pour te dire que je t’aime

que tout finira dans tes bras amarré

que je t’attends dans la saison de nous deux

qu’un jour mon cœur s’est perdu dans sa peine

que sans toi il ne reviendra plus

la spelling bee

Georgette Leblanc

une spelling bee

c’est une affaire pour savoir

si ej pouvons coller des lettres ensemble

comme il faut

 

comme il faut

ça veut dire comme dans les livres

dans les logis du monde important

 

les autres apprenont les mots par cœur

parce qu’ils avont peur de les oublier

mais moi ej connais l’origine des mots

 

la maîtresse commande fleur

pis ma tête braque à buzzer

ej me perds dans un champ de pissenlits

les premières fleurs de serpent

la rosée d’hier matin

le train du bois qui se fait chacoter

Mississippi

des vallées de misère

trop de vase pour continuer

la sueur brune des roches bourdées

la parenté aux mecôques

ej me promène d’une lettre à l’autre

jusqu’à temps que ça colle

jusqu’à temps que sur ma langue

j’aie le gout du sucre

 

Pierrot dit qu’ej parais à moitié endormie

ma goule se rouvre collouse une miette

et le mot sort tout aisé

 

j’ai point dit mon secret à personne encore

mais Pierrot hier m’a appelée

ruche

La romance du vin

Émile Nelligan

Tout se mêle en un vif éclat de gaîté verte.

Ô le beau soir de mai ! Tous les oiseaux en chœur,

Ainsi que les espoirs naguères à mon cœur,

Modulent leur prélude à ma croisée ouverte.

 

Ô le beau soir de mai ! le joyeux soir de mai !

Un orgue au loin éclate en froides mélopées ;

Et les rayons, ainsi que de pourpres épées,

Percent le cœur du jour qui se meurt parfumé.

 

Je suis gai ! je suis gai ! Dans le cristal qui chante,

Verse, verse le vin ! verse encore et toujours,

Que je puisse oublier la tristesse des jours,

Dans le dédain que j’ai de la foule méchante !

 

Je suis gai ! je suis gai ! Vive le vin et l’Art !...

J’ai le rêve de faire aussi des vers célèbres,

Des vers qui gémiront les musiques funèbres

Des vents d’automne au loin passant dans le brouillard.

 

C’est le règne du rire amer et de la rage

De se savoir poète et l’objet du mépris,

De se savoir un cœur et de n’être compris

Que par le clair de lune et les grands soirs d’orage !

 

Femmes ! je bois à vous qui riez du chemin

Où l’Idéal m’appelle en ouvrant ses bras roses ;

Je bois à vous surtout, hommes aux fronts moroses

Qui dédaignez ma vie et repoussez ma main !

 

Pendant que tout l’azur s’étoile dans la gloire,

Et qu’un hymne s’entonne au renouveau doré,

Sur le jour expirant je n’ai donc pas pleuré,

Moi qui marche à tâtons dans ma jeunesse noire !

 

Je suis gai ! je suis gai ! Vive le soir de mai !

Je suis follement gai, sans être pourtant ivre !...

Serait-ce que je suis enfin heureux de vivre ;

Enfin mon cœur est-il guéri d’avoir aimé ?

 

Les cloches ont chanté ; le vent du soir odore...

Et pendant que le vin ruisselle à joyeux flots,

Je suis si gai, si gai, dans mon rire sonore,

Oh ! si gai, que j’ai peur d’éclater en sanglots !

La mer

Nérée Beauchemin

Loin des grands rochers noirs que baise la marée,

La mer calme, la mer au murmure endormeur,

Au large, tout là-bas, lente s’est retirée,

Et son sanglot d’amour dans l’air du soir se meurt.

 

La mer fauve, la mer vierge, la mer sauvage,

Au profond de son lit de nacre inviolé

Redescend, pour dormir, loin, bien loin du rivage,

Sous le seul regard pur du doux ciel étoilé.

 

La mer aime le ciel : c’est pour mieux lui redire,

À l’écart, en secret, son immense tourment,

Que la fauve amoureuse, au large se retire,

Dans son lit de corail, d’ambre et de diamant.

 

Et la brise n’apporte à la terre jalouse,

Qu’un souffle chuchoteur, vague, délicieux :

L’âme des océans frémit comme une épouse

Sous le chaste baiser des impassibles cieux.