Ça crie de tous les côtés

Ça crie de tous les côtés

rickshaw roupie didi hello

dans une rue sans adresse

en plein Katmandou

 

Je promène mon vide

en petite robe tibétaine

et tablier rayé mauve

déguisée zen

le cœur en éternité

moitié moi

moitié autre

 

Des vieilles de trente ans

tressent des tapis

sans feu ni lieu

un bébé accroché au sein

 

Malgré la saleté

les klaxons à volonté

la bouse des vaches sacrées

et toutes ces mouches

grasses et vertes

sur le steak de yack

 

Aucune envie de rentrer

Louise Desjardins, « Ça crie de tous les côtés », Ciels métissés, Écrits des Forges, Trois-Rivières, 2014.