Il y a les larmes...

Il y a les larmes des folles tristesses

et des peines minuscules

celles de la colère

plus pointues que des couteaux

plantés dans la poitrine


les larmes d'impuissance


si on me punit

sans me donner la chance

d'expliquer mes raisons

et les sanglots de joie

que versent

les personnages dans les livres

quand le bonheur est si vif

qu'il en avale sa langue

Pourtant je préfère rire ou crier

ou esquisser quelques pas de danse

car il me pousse parfois


des ailes dans la bouche

Et je joue le jeu des anges

ou des cerfs-volants

Louise Dupré, « Il y a les larmes... », Les mots secrets, Montréal, La courte échelle, 2002.