Un poème au hasard

Ottawa

Robert Dickson

je m’apprête à changer une lampe brûlée

le son humide d’autos qui passent tout près

de l’autre côté du mur des bruits inquiétants

entre mes oreilles mon sang bat fort

des siècles et des siècles coulent dans mes veines

les prostituées s’installent au coin de la rue

convenablement l’été tire à sa fin

une phrase de poète sur le mur m’interpelle

j’ai le goût de chandelles et d’une poésie

irlandaise incandescente mon amie

 

mon amante mon amour attend ma venue

ce soir on s’endormira chastement je mettrai

ma grande main sur ses cheveux je frôlerai

de mes longs doigts son oreille les saisons

se conjuguent simplement les verbes sont

parfois au passif mais la vie verbe

sans adverbes ou adjectifs inutiles

je ferme la lumière avant que la lumière se

ferme et non sans avoir repéré le chemin

du stylo au matelas du papier au drap

des mots à l’amour