Le labyrinthe

Il n’y a jamais de porte entre moi et l’ombre,

jamais de séparation entre tant de pas ;

je marche sans cesse

                    vers chaque instant de pénombre,

je pense à toi qui peut-être n’existes pas.

 

La fin de chaque souffle te recrée devant moi.

Chaque début de nuit ranime ta présence :

tes mains dont chaque geste est son unique loi,

la parole incessante créée dans la violence.

 

Dans un regard perdu, il n’y a pas de grâce ;

et je n’espère pas, je ne crois même plus

qu’au bout d’un autre temps

                                  ou dans un autre espace,

je verrai la frontière des instants révolus.

 

Savoie, Paul, « Le labyrinthe », Salamandre, Saint-Boniface, Éditions du Blé, 1974.