Le Nord m’interpelle

Le Nord m’interpelle.

 

Ce départ nous mène

vers d’autres directions

aux couleurs des quatre nations :

blanche, l’eau

jaune, le feu

rouge, la colère

noir, cet inconnu

où réfléchit le mystère.

 

Cela fait des années que je ne calcule plus,

ma naissance ne vient pas d’un baptême

mais plutôt d’un seul mot.

 

Sommes-nous si loin

de la montagne à gravir ?

 

Nos sœurs de l’Est, de l’Ouest,

du Sud et du Nord

chantent-elles l’incantation

qui les guérira de la douleur

meurtrière de l’identité ?

Notre race se relèvera-t-elle

de l’abîme de sa passion ?

 

Je dis aux chaînes du cercle :

Libérez les rêves,

comblez les vies inachevées,

poursuivez le courant de la rivière,

dans ce monde multiple,

accommodez le songe.

 

Le passage d’hier à demain

devient aujourd’hui

l’unique parole

de ma sœur

la terre.

 

Seul le tonnerre absout

une vie vécue.

« Le Nord m’interpelle », Bâtons à message, Montréal, Mémoire d’encrier, 2009.

Cet extrait a été reproduit aux termes d’une licence accordée par Copibec.