Anne-Marie Desmeules

Portrait de Anne-Marie Desmeules
Mention de source: 
Audrée Wilhelmy
1981
Biographie: 

Anne-Marie Desmeules habite Lévis avec sa famille. En plus de ses deux recueils de poésie publiés à l’Hexagone, soit Le tendon et l’os (2019, Prix du Gouverneur général) et Cette personne très laide qui s’endort dans mes bras (2017), elle a fait paraître des textes dans plusieurs revues. Sa suite poétique Bouleaux a été finaliste au Prix de poésie Radio-Canada en 2018. Poète de l'intime et de la nature, elle aime plus que tout manier la lumière et l'ombre, la violence et la parole guérisseuse. 

Entrevue: 
Lisiez-vous de la poésie quand vous étiez à l'école ? Y a-t-il un poème en particulier dont vous vous souvenez ? : 

J'ai commencé à lire de la poésie de façon plus engagée lorsque j'étais au cégep. Le premier poème que j'ai appris par coeur pour le plaisir était le Liminaire de L'homme rapaillé de Gaston Miron :

J'ai fait de plus loin que moi un voyage abracadabrant

il y a longtemps que je ne m'étais pas revu

me voici en moi comme un homme dans une maison

qui s'est faite en son absence

je te salue, silence

je ne suis pas revenu pour revenir

je suis arrivé à ce qui commence

 

Quand avez-vous commencé à écrire de la poésie ? Et quand avez-vous commencé à vous considérer poète ?: 

J'ai aussi commencé à écrire de la poésie au cégep. Je trainais mon carnet partout et j'écrivais sur tout, tout le temps. En me relisant, je suis consciente de la maladresse de ces textes, mais aussi de leur grande sincérité. C'est là que j'ai commencé à me définir par l'écriture. Pourtant, je ne me suis jamais nommée comme poète avant la parution de mon premier livre, même si en moi, je me considérais comme telle. Quand on dit aux gens qu'on écrit, la première question qu'ils posent généralement, c'est : « As-tu publié? » Alors quand la réponse est non pendant des années, on se sent un peu imposteur, même si en réalité, la poésie est au coeur de notre vie.  

Comment voyez-vous le « travail » des poètes ?: 

Le travail des poètes, c'est avant tout d'observer. Observer ce qui se passe dans le monde, observer ce qui se passe en soi et les effets des interactions entre le monde et soi. Les images poétiques réussies pour moi sont celles qui éclairent tout d'un coup ces interactions, qui les révèlent d'une façon dont on ne peut plus ne plus les voir.

Après, il y a aussi un travail concret sur les mots, qui peut être vraiment grisant comme totalement désespérant et ardu. Peu importe le style de la ou du poète, c'est la qualité de ce travail, à travers lequel on arrive à mettre le doigt sur l'unicité de notre voix et à la faire exister pour les autres, qui fait la différence entre un poème qui vit et un poème qui tombe à plat.

Si vous deviez choisir un poème à mémoriser dans notre anthologie, lequel serait-ce ?: 

Je viens de t'abattre de Carole David. Un poème violent, chimique, américain, teinté d'humour noir, avec une chute magnifique. 

Publications : 
Titre : 
Le tendon et l’os
Éditeur: 
l'Hexagone
Date: 
2019
Type de publication: 
Book
Titre : 
Cette personne très laide qui s’endort dans mes bras
Éditeur: 
l'Hexagone
Date: 
2017
Type de publication: 
Book