Annie Landreville

Portrait de Annie Landreville
Mention de source: 
Émile Lachance-Landreville
Biographie: 

Annie Landreville navigue entre la poésie et le journalisme depuis ses études en littérature à Montréal. Elle a publié Partitions aux éditions d’Orphée et Nuits malcommodes du fond d’un bar à vinyles avec la Balconnière, en plus de participer à des collectifs chez Coup de tête (12 histoires de plage et une noyade) et dans des revues (Cousins de personne, Françoise Stéréo). Comme journaliste, elle a passé près de 20 ans au micro de Radio-Canada à parler arts et culture et a collaboré à de nombreuses publications : le Mouton Noir, l’Écouteur, la Scena musicale, etc. En 2016, elle a coécrit, avec la poète Laurence Veilleux, le spectacle poétique intitulé Mon père et moi. Poète et artiste de la parole, elle aime autant la scène que l’intimité d’une lecture en tête à tête et ses actions poétiques tendent à démocratiser ce genre littéraire.

Entrevue: 
Lisiez-vous de la poésie quand vous étiez à l'école ? Y a-t-il un poème en particulier dont vous vous souvenez ? : 

J’ai eu la chance d’avoir des professeurs au primaire qui m’ont faire lire des textes de Nelligan et Rimbaud. Il fallait en choisir un pour l’illustrer avec des encres colorées. J’avais choisi le Dormeur du val de Rimbaud, qui me semblait plus évident à illustrer que le Vaisseau d’or de Nelligan. Mais je suis tombée amoureuse de Nelligan et je me suis mise à lire de la poésie et à me renseigner sur les poètes dans les encyclopédies de la maison. 

Par la suite, au secondaire, un professeur, voyant mon intérêt, m’a donné des anthologies de poésie surréaliste et de poètes québécois qui m’ont accompagnée pendant mon adolescence. Il a nourri la bête !

Quand avez-vous commencé à écrire de la poésie ? Et quand avez-vous commencé à vous concevoir en tant que poète ?: 

J’ai commencé à écrire de la poésie quand j’ai commencé à en lire. La découverte de ce genre a provoqué quelque chose de fulgurant chez moi. Pouvoir tant dire en si peu de mots ! Ma mère a retrouvé des carnets de poèmes écrits quand j’avais 10-12 ans, des genres de pastiches de Nelligan.

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours préféré écrire de la poésie plutôt que de la prose. Au secondaire, des amis me payaient pour que j’écrive des poèmes pour leur amoureux.se !

C’est au cégep que j’ai commencé à me percevoir comme poète, à lire plus sérieusement non seulement de la poésie, mais sur la poésie. C’est là que j’ai commencé à écrire des suites de textes et de petits recueils.

Comment voyez-vous le « travail » des poètes ?: 

Ouf... toute une question.

En ce qui concerne la création, je crois que c’est d’apporter un éclairage, une vision, un angle inusité à un événement, une émotion, ou un aspect de la société. 

En ce qui concerne la diffusion, les poètes, avec le format généralement court du poème, peuvent s’immiscer partout. Sur les scènes de lectures, bien sûr, mais aussi dans des endroits publics, pour apporter la poésie là où on ne la trouve pas, où alors là où on n’ose pas la chercher : dans les tablettes, dans les marchés publics, les cafés, les librairies et les bibliothèques, dans des interventions sur la rue et lors des rassemblements.

La diffusion de la poésie se fait très bien en dehors du livre traditionnel.

Je crois que les poètes ont un rôle social à jouer, en surprenant le public et en le contaminant avec le plaisir de jouer avec la langue, les mots et les images.

Si vous deviez choisir un poème à mémoriser dans notre anthologie, lequel serait-ce ?: 

J’en ai déjà appris plusieurs par cœur, lorsque j’étudiais en théâtre : Nelligan, Rimbaud, Prévert, Michaux, Baudelaire...

J’aimerais apprendre le « Cantouque des hypothéqués » de Godin, pour l’âpreté de la langue et son côté jubilatoire. Et aussi « Je ferme les yeux » de Louise Desjardins, parce que l’oral ferait ressortir la narrativité de ce poème impressionniste et touchant.

Publications : 
Titre(s) du ou des poème(s): 
Nuits malcommodes numéro 2
Titre : 
Exit numéro 91
Éditeur: 
Gaz Moutarde
Sous la direction de: 
Stéphane Despaties
Date: 
mai 2018
Type de publication: 
Periodical/Magazine
Titre(s) du ou des poème(s): 
Lettre de Calamity Jane à sa fille
Titre : 
Cousins de personne
Éditeur: 
association Cousins de personne
Sous la direction de: 
Marie Noëlle Blais
Date: 
novembre 2016
Type de publication: 
Periodical/Magazine
Titre : 
Partitions
Éditeur: 
éditions d'Orphée
Sous la direction de: 
André Goulet
Date: 
1993
Type de publication: 
Book