Anthony Lacroix

Portrait de Anthony Lacroix
Mention de source: 
Mathieu Gosselin
1991
Biographie: 

Anthony Lacroix s’intéresse à la poésie narrative qui raconte l’ordinaire et le quotidien. Il a terminé une maîtrise en lettres à l’Université du Québec à Rimouski, sous la codirection de Camille Deslauriers et Nathalie Watteyne (Université de Sherbrooke). Son mémoire en recherche-création porte sur la représentation des lieux et particulièrement des « lieux-refuges » dans l’œuvre de Patrice Desbiens. Il a publié un livre (Carcasse d’Occident : haïkus & autres non-poèmes, 2014), deux fanzines (Les fonctionnelles, 2014; Derrière les portes closes, 2015), ainsi que des articles savants et textes de création dans des revues ou ouvrages collectifs. Il est présentement directeur de la section « poésie » pour La Recrue du mois, critique pour le journal Le Mouton Noir et dirige les éditions Fond’tonne. Il commence présentement des études doctorales sur l’influence du web et des réseaux sociaux en poésie contemporaine sous la direction de Katerine Gosselin.

Entrevue: 
Lisiez-vous de la poésie quand vous étiez à l'école ? Y a-t-il un poème en particulier dont vous vous souvenez ? : 

Je me souviens avoir lu un poème de Nelligan et quelques prières (ça compte non?) au primaire, mais le plus de mes lectures de poésie à l’école a été fait quand nous devions associer les différentes figures de style existantes à des vers de Verlaine, de Rimbaud et de Baudelaire. Seulement, je me souviens que mon prof de secondaire 4 récitait souvent le poème « Hymne à la Baudelaire » en faisant des gestes exagérés partout dans la classe (se mettre à genoux, monter sur les bureaux, varier les intonations). Je me souviens aussi de Frank Poule qui faisait un peu la même chose dans les rues de Sherbrooke avec son poème « Jean Bourgeois ». C’est durant cette période que je me suis rendu compte que la poésie pouvait être tellement plus qu’un exercice de français en silence et la même année j’ai décidé de m’acheter mon recueil avec mon argent de poche, c’était Je voudrais crever de Boris Vian.

Je peux bien faire des performances éclatées.

Quand avez-vous commencé à écrire de la poésie ? Et quand avez-vous commencé à vous considérer poète ?: 

J’ai commencé très tard à écrire de la poésie. En fait, étonnement, j’ai commencé par le roman et la nouvelle parce que c’est ce que je faisais avec mes ami·e·s en secondaire 4 (j’étais très mauvais). Puis, je me suis tranquillement réorienté vers le slam et la scène de poésie pour avoir un truc à moi. Comme je n’avais aucun talent en dessin ni en musique (j’ai aucun sens du rythme), mais que je voulais vraiment être un artiste, parce que ça me semblait être les personnes les plus cool de l’école (ou du moins celles en qui je me reconnaissais le mieux), alors j’ai travaillé vraiment très fort pour que le slam et la poésie deviennent mes voies d’expressions à moi. On ne parlait pas de poésie à mon école, on n’encourageait pas vraiment ça. J’aurais aimé qu’un organisme comme Les voix de la poésie existe à l’époque. L’an dernier, deux poètes de l’organisme y sont allé·e·s d’ailleurs.

Maintenant, après dix ans de publications à gauche et à droite et de nombreuses prestations, je commence à penser que certains de mes textes peuvent être bons et intéressants. Cependant, n’ayant jamais eu un talent naturel pour quoi que ce soit, mon sentiment d’imposteur est très fort et m’empêche de me considérer comme un « poète ». À mes yeux, je n’ai pas encore le talent et l’expérience de quelqu’un comme Élise Turcotte, Jean-Paul Daoust, Catherine Cormier Larose, Marie-Andrée Gill, alors je ne peux pas dire que je fais le même métier qu’eux et elles, ça me semble irrespectueux.

Comment voyez-vous le « travail » des poètes ?: 

Pour moi un ou une poète c’est une personne qui dit beaucoup en très peu de mots.

Si vous avez un poème dans notre anthologie, qu’est-ce qui vous a inspiré lors de son écriture ?: 

 

 

Si vous deviez choisir un poème à mémoriser dans notre anthologie, lequel serait-ce ?: 

Il y en a tellement!

Je crois que mon choix s’arrêterait sur « Neige » de Nathalie Watteyne.
On parle si peu du travail de cette poète, qui est pourtant d’une grandeur et d’une justesse incroyable. 
Quand j’ai des doutes sur mes écrits ou ma vision de la poésie, je relis le travail de Watteyne pour me sentir mieux.
Son enseignement de la poésie est une sorte de « lieu refuge » pour moi.

Aussi bien connaître un de ses poèmes par cœur.

Publications : 
Titre : 
Carcasse d'occident haïkus et autres non-poèmes
Éditeur: 
Fond'tonne
Date: 
2014
Type de publication: 
Book
Titre(s) du ou des poème(s): 
Toronto est si loin qu’on dirait un autre pays
Titre : 
Moebius Numéro 160, déposer ma langue sur un crochet, crier enfin : « Je suis rentrée à la maison! »
Éditeur: 
Nota Bene
Sous la direction de: 
Jean-Michel Théroux et Karianne Trudeau Beaunoyer
Date: 
février 2019
Type de publication: 
Periodical/Magazine
Titre(s) du ou des poème(s): 
Les révolutions anémiques
Titre : 
Poésie en liberté
Éditeur: 
Éditions Bruno Doucey
Date: 
2016
Type de publication: 
Anthology