Catherine Poulin

Portrait de Catherine Poulin
1983 -
Biographie: 

Catherine Poulin est la lauréate du Prix Piché de poésie, édition 2014, pour sa suite poétique Tailler les mammifères publiée aux Éditions d’art Le Sabord, cette suite s’inspire des univers de la chasse et de la taxidermie. En octobre 2015, elle a fait paraître un recueil de poésie, Nos attentats domiciles, aux éditions de l’Hexagone, recueil s’inspirant de la rénovation, des aménagements intérieurs, afin d’exposer tout ce qu’ils recèlent, les fissures, le cri des meubles, le réveil des électroménagers. Plusieurs suites poétiques parurent également en revue (Le Sabord, Moebius, Estuaire, Exit). Son écriture rythmée creuse ce qui se trouve entre deux états, le passage entre douceur et violence, le souffle se trouvant entre l’équilibre et sa perte. Elle est membre d’un groupe d’exploration musicale et poétique et anime des ateliers de création poétique.

 

Entrevue: 
Lisiez-vous de la poésie quand vous étiez à l'école ? Y a-t-il un poème en particulier dont vous vous souvenez ? : 

J’ai des souvenirs plutôt flous de lecture de poèmes au primaire, ils résident surtout dans les fables de La Fontaine et des chansons de Félix Leclerc. Au secondaire, et ce que je suis en mesure d’extirper de ma mémoire, Nelligan, Baudelaire, Prévert, Rimbaud. J’ai eu un enseignant de français au secondaire qui adorait Anne Hébert et Nicole Brossard et je crois bien qu’elles furent mes premières découvertes d’une poésie écrite par des femmes, le programme enseignait surtout des œuvres écrites par des hommes.

 

Quand avez-vous commencé à écrire de la poésie ? Et quand avez-vous commencé à vous considérer poète ?: 

Au primaire, j’adorais lorsque nous devions écrire des acrostiches ou des poèmes pour la Fête des mères, par exemple. Je crois que mon amour des mots, le langage comme matériau créatif artistique, est clairement né là. Mais j’ai probablement commencé à écrire des poèmes, et ce, plus consciemment vers la fin du secondaire.

J’ignore quand on commence à se concevoir comme poète, après trois, quatre, dix livres, une vie à écrire de la poésie? Lorsque l’on me pose la sempiternelle question « qu’est-ce que tu fais dans la vie? », je réponds désormais que je suis poète, entre autres, mais un peu comme s’il s’agissait ici plus d’une posture de résistance que d’une conception pleinement assumée de moi en tant que poète.

 

Comment voyez-vous le « travail » des poètes ?: 

Pour moi, le travail des poètes en est un de fouissage, linguistique et émotif. Creuser, remuer les choses, nommer ce que l’on tait, les tremblements sous-cutanés, donner voix aux fractures, aux brèches, ce qui se trouve entre deux états. Tenter de faire voir autrement, de faire ressentir autrement. Par exemple, le simple fait d’une personne assise sur une chaise, qu’est-ce que nous racontent sa posture, ses mains ballantes, cette jambe surexcitée? Je travaille beaucoup cette zone floue se trouvant entre l’équilibre et sa perte, l’être humain étant constamment en train de repositionner son ballant. La fragilité et la violence des mouvements équilibristes, que se trouve-t-il entre les deux?

 

Si vous deviez choisir un poème à mémoriser dans notre anthologie, lequel serait-ce ?: 

Aujourd'hui, demain ce serait peut-être chose, je choisirais « si je ne touche pas… » de Marie-André Gill. Pour le rythme, l’essoufflement, pour la fracture, la confrontation entre la nature et l’urbanité (les éléments humains du décor, les bancs, les lampadaires, les craques de trottoirs), pour la confrontation entre les états. 

 

Publications : 
Titre : 
Nos attentats domiciles
Éditeur: 
Les Éditions de l'Hexagone
Sous la direction de: 
Charles Dionne et Fabrice Masson-Goulet
Date: 
2015-10-12
Type de publication: 
Book
Titre : 
Tailler les mammifères
Éditeur: 
Les éditions d'art Le Sabord
Date: 
2014-09-24
Type de publication: 
Book