Clara Lagacé

Portrait de Clara Lagacé
Mention de source: 
Simon Coovi-Sirois
1993
Biographie: 

Dans son recueil de poésie En cale sèche (David, 2017 ; Prix Jacques-Poirier-Outaouais 2018), Clara Lagacé a cherché à capter des instantanés du quotidien magnifiés grâce à la mise en vers. Depuis, elle a exploré d’autres formes de création : des suites poétiques pour des lectures publiques (VerseFest, Off-FPTR, Festival de poésie de Caraquet), donc écrites en vue de l’oralité de leur performance ; participé à des soirées de storytelling ; exploré la forme de la nouvelle ; et écrit pour la baladodiffusion à deux occasions : « Gratte », avec Maureen Roberge et Sarah Michel-Brunnemer, et « Poule mouillée » avec Simon Coovi-Sirois. Ces diverses expériences lui ont permis de confirmer son intérêt pour les prises de parole dont on se réclame afin de faire sens de notre appartenance au monde.

Clara est récemment revenue habiter dans la région 07 pour poursuivre son travail avec le Salon du livre de l’Outaouais et régler ses comptes avec Gatineau.

Entrevue: 
Lisiez-vous de la poésie quand vous étiez à l'école ? Y a-t-il un poème en particulier dont vous vous souvenez ? : 

Au primaire, je me souviens d’avoir appris certains poèmes d’Émile Nelligan par cœur pour un examen oral et de les avoir récités devant la classe sans trop trembler, et au secondaire souvenir d’avoir fait un exposé sur « Les voyelles » d’Arthur Rimbaud en échange d’un bien piètre résultat comme j’avais déjà un tic de langage qui continue de me hanter… « fait que ». À peu près en même temps, mon père m’a fait découvrir les vers drôles de Jacques Prévert. J’ai lu et relu le recueil Paroles durant ces années. En écrivant ceci, je me rends compte que les modèles de poétesses et de contemporain.e.s faisaient défaut et ce, même durant le Cégep. Ce n’est qu’à l’université que j’ai rencontré les mots de Dorothy Livesay, Erin Mouré et autres poétesses canadiennes, ainsi que les vers de Marie Uguay, encore une fois cadeau de mon père.

Quand avez-vous commencé à écrire de la poésie ? Et quand avez-vous commencé à vous considérer poète ?: 

J’ai commencé à écrire de la poésie d’abord en anglais — ma langue maternelle — durant mes études de premier cycle à l’université. J’ai rejoint le comité de rédaction d’une revue étudiante, une gang de gens vraiment sympathiques, et je me suis lancé dans l’aventure d’écrire et de réfléchir aux mots plus sérieusement. C’était exaltant ! Avant et toujours, il y a eu l’écriture et la lecture. À sept ans, j’affirmais déjà à ma famille que je serais autrice.

Comment voyez-vous le « travail » des poètes ?: 

C’est le travail de modeler verbes, vers et sons pour faire advenir lumière et persistance. Même si, comme Marie Uguay l’écrit : « Tout poème résiste et une fois écrit meurt d’inexactitude. » 

Si vous avez un poème dans notre anthologie, qu’est-ce qui vous a inspiré lors de son écriture ?: 

« l’Outaouais », c’est un poème pour ma petite sœur. Je voulais lui parler de mon rapport amour-haine à Gatineau, cette ville qui nous a vu grandir et qu’on a chacune tôt fait de fuir. Ironiquement, au moment où le poème paraît dans l’anthologie des Voix de la poésie, je viens de rentrer habiter à Gatineau. Et pourtant, je me demande encore souvent, comme dans ce poème : combien d’espace faut-il pour rêver d’ailleurs ?

 

 

Si vous deviez choisir un poème à mémoriser dans notre anthologie, lequel serait-ce ?: 

Je n’arrive pas à choisir entre « Maintenant nous sommes assis » de Marie Uguay et « je n’arrive pas à faire… » d’Erika Soucy. Je vais donc dès maintenant travailler à mémoriser les deux. Uguay cisèle l’ordinaire, Soucy le mythifie cruellement. Chacune m’éblouit davantage avec chaque nouvelle lecture de leurs recueils.

Publications : 
Titre : 
En cale sèche
Éditeur: 
David
Date: 
2017
Type de publication: 
Book
Titre(s) du ou des poème(s): 
becs et ongles
Titre : 
Poèmes de la résistance
Éditeur: 
Prise de parole
Sous la direction de: 
Andrée Lacelle
Date: 
2019
Type de publication: 
Book