Geneviève Blais

1977 -
Geneviève Blais

Geneviève Blais (née en 1977) est une poète québécoise. Elle a une maîtrise en création littéraire qui lui a permis de faire des recherches sur le métissage des langages et la contamination par le biais de l’installation vidéo. Le contact avec les arts visuels est une source d’inspiration de premier plan dans son travail de création.  Elle a publié son premier recueil de poésie, L’incident se répète, en 2007. Son deuxième livre, Le manège a lieu, est issu d’un séjour de deux ans en Chine et s’est retrouvé en lice pour le prix Émile-Nelligan 2009. La nuit la meute, paru en 2011, explore la notion de filiation à travers la psyché et la mythologie boréale. 

En entretien 

Lisiez-vous de la poésie à l’école ? Y a-t-il un poème en particulier dont vous vous souvenez ? 

J’ai commencé à lire de la poésie en secondaire 3 grâce à une professeure incroyable (Diane Boudreau, poète elle aussi). J’aimais beaucoup les univers glauques. J’apprenais par cœur des poèmes de Baudelaire et de Nelligan. Le texte auquel je pourrais attribuer l’origine de mon engouement adolescent pour la poésie est très certainement Les chants de Maldoror de Lautréamont. J’ai encore en tête le plaisir des mots alors que je lisais comment le personnage se transformait au contact de la nature, devenant autre, contaminé.

 

Quand avez-vous commencé à écrire de la poésie ? Et quand avez-vous commencé à vous considérer comme poète ?

J’écrivais, petite, quand ma mère me gardait à la maison parce que j’avais attrapé un mauvais rhume ou autre chose. C’est là mon premier souvenir d’écriture. Ensuite, plus fiévreusement, c’est adolescente que j’ai noirci des pages. Quant à me considérer poète, je ne sais pas trop, je ne pense pas non plus que c’est quelque chose que je dis : je suis poète. Mais disons que depuis la maîtrise en création, je dis que j’écris de la poésie. Ça me semble différent…

 

Quel est le « travail » du poète à votre avis ? 

Je ne peux vous parler que du mien, il me semble. Mon travail d’écriture est constitué de nombreuses lectures et de plusieurs périodes de réécriture. Pendant les périodes de création, je tente de percevoir ce qui me touche, de m’attarder aux détails qui pourraient faire bouger l’écriture. J’ai parfois une image de départ, une envie, un élan, mais il me semble que c’est l’écriture même qui redirige et qui permet vraiment que le texte sorte du « moi-Geneviève ». Je cherche souvent dans ce qui me dépasse, ce qui fait Histoire (qui dépasse mon histoire personnelle tout en étant intimement et nécessairement lié), par exemple le féminisme, la lignée, le cosmos. Être attentive à ce que l’universel fait vibrer en moi, peut-être que c’est ça… en même temps, on n’en finit probablement jamais avec ce type de question !

 

Comment avez-vous écrit « Je n’ai pas su » ?

J’étais à la maitrise en études littéraires à l’UQAM et j’avais décidé de terminer l’écriture de la partie de création en Irlande. Et il faut bien le dire : ces quelques mois d’éloignement servaient aussi à panser une peine d’amour ! Je crois bien qu’il y a de ça dans le texte : l’érosion, la chute, la fin d’une histoire d’amour. La mienne mêlée à ce qui, de façon plus générale, se détériore, se termine, la mort et le deuil qui s’ensuit. Le travail de création réalisé dans le cadre de la maitrise a ensuite fait partie d’un projet de publication (mon premier recueil de poésie) avec les Éditions Poètes de brousse.

 

Si vous deviez choisir un poème de notre anthologie à apprendre par cœur, lequel choisiriez-vous ?

« de futurs souvenirs » de Denise Desaultels. 

Parce que c'est une poète que j'adore, parce que je trouve que sa poésie a un rythme prenant, parce que c'est un poème fort qui se prête bien à la lecture publique.

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