Kama La Mackerel

Portrait de Kama La Mackerel
1984
Biographie: 

Kama La Mackerel est un·e artiste pluridisciplinaire, poète, auteur·ice, éducateur·ice, médiateur·ice culturelle et traducteur·ice littéraire qui vient de l’île Maurice et vit maintenant à Montréal. Son travail est ancré dans l’exploration de la justice, l’amour, la décolonialité, la guérison corporelle, spirituelle et ancestrale et l’empowerment individuel et collectif. Sa pratique inclut des œuvres textiles, visuelles, numériques, poétiques et performatives, qui sont à la fois narratives et théoriques, à la fois personnelles et politiques. Sur le plan littéraire, Kama s’intéresse en particulier aux articulations biographiques : le « je » comme étant hybride et multiple dans ses identités et expressions. Iel développe, à travers ses recherches et créations, des poétiques queer et décoloniales entre le kreol, le français et l’anglais.

Entrevue: 
Lisiez-vous de la poésie quand vous étiez à l'école ? Y a-t-il un poème en particulier dont vous vous souvenez ? : 

Non, je ne lisais pas de poésie quand j’étais à l’école. En fait, je ne lisais pas du tout ! Je viens d’une famille pauvre, de classe ouvrière, où notre lignée a travaillé dans des champs de cannes de génération en génération jusqu'à mes parents. J’étais la première personne de ma famille à finir ma scolarité. En conséquence, je n’ai pas grandi dans un contexte où j’avais accès à la culture et il n’y avait pas d’occasions pour découvrir la poésie dans notre système d’éducation dans les débuts des années 90s à l’île Maurice. Donc, je me suis mis·e à lire de la poésie que très tard, une fois adulte.

Quand avez-vous commencé à écrire de la poésie ? Et quand avez-vous commencé à vous considérer poète ?: 
J’ai commencé à écrire de la poésie en tant qu’ado vers la fin des années 1990. À l’époque, j’écoutais beaucoup de chanson à texte, de musique lyrique et c’est cette poésie musicale qui m’a d’abord inspiré·e à écrire de la poésie. Et forcément, comme toute bonne poésie adolescente, elle dégoulinait de pathos !
 
Ce n’est qu’en 2013, après avoir découvert les scènes de slam, de spoken word et de cabarets littéraires que je me suis mis·e à écrire de la poésie de manière plus sérieuse. Je trouvais ces soirées de partage et les communautés qui s’y rassemblaient très inspirantes, et je voulais moi aussi partager mes mots sur scène. C’est surtout l’échange et le pouvoir transformationnel du témoignage qui m’ont frappé·e.
 
Petit à petit, je me suis mis·e à écrire de façon de plus en plus sérieuse, et je me suis mis·e à partager mes textes dans divers contextes littéraires. Ce n’est que quatre ans plus tard, en 2017, que j’ai commencé à me considérer poète. Étant autodidacte, je pense que pendant longtemps, j’ai hésité à me considérer poète. Je trouvais les milieux littéraires très intimidants, surtout quand j’étais entouré·e de poètes ayant des formations d’universités et d’écoles d’art.
 
Mais maintenant, je porte fièrement le titre de poète ! Surtout en tant que personne autodidacte qui vient d’une famille ouvrière ! La poésie appartient bien à tout le monde, et je laisse mon passé et ma trajectoire de vie s’exprimer librement dans ma poésie !
Comment voyez-vous le « travail » des poètes ?: 
Selon moi, le « travail » des poètes est avant tout une relation au soi et à la vérité. Je pense que les poètes ont un devoir de toujours centrer leur démarche dans l'articulation de la vérité, de la pratique d'une honnêteté radicale. Cela implique beaucoup de réflexion critique sur le soi, sur le pourquoi et le comment de son existence humaine, et en conséquence, sur sa voix littéraire. C'est selon moi dans cette pratique d'honnêteté radicale et dans cet engagement envers la vérité que les poètes développement non-seulement leur propres propos, mais aussi leur propres esthétiques, et des formes d'expressions authentiques. 
 
Si vous deviez choisir un poème à mémoriser dans notre anthologie, lequel serait-ce ?: 

« La Migration » de Natasha Kanapé Fontaine. J’aime beaucoup les poèmes qui ont une forte qualité orale, qu’on peut presque chanter à autre voix, où la voix de·la poète se mélange a l’unicité de la voix de·la lecteur·ice pour créer un troisième et unique espace magique où les voix et subjectivités se rencontrent. Le style poétique de Natasha Kanapé Fontaine fait exactement cela, et nous transporte ainsi dans l’oralité autochtone et dans une rencontre intime avec l’autre. Mémoriser ce poème me permettrait de faire honneur à cette intimité.

J’aime aussi beaucoup la poésie qui met les territoires en lien avec le corps à travers l’utilisation du langage. Je trouve que ce poème conjugue très bien cette qualité, ce qui me touche, et me donne envie de mémoriser ce poème pour qu’il puisse vivre en tout temps dans mon cœur. 

Publications : 
Titre(s) du ou des poème(s): 
Building Walls
Titre : 
We Mark Your Memory: writings from the descendants of the indenture
Éditeur: 
University of London
Sous la direction de: 
David Dabydeen, Maria del Pilar Kaladeen, et Tina K. Ramnarine
Date: 
2018
Type de publication: 
Anthologie
Titre(s) du ou des poème(s): 
The Femme Invocation, The revolution will not be cited
Titre : 
Glitter & Grit: queer performance from the Heels on Wheels Femme Galaxy
Éditeur: 
Publication Studio
Sous la direction de: 
Damien Luxe, Heather Maria Ács et Sabina Ibarrola
Date: 
2016
Type de publication: 
Anthologie
Titre(s) du ou des poème(s): 
à venir
Titre : 
ellipse: retours
Éditeur: 
à venir
Sous la direction de: 
à venir
Date: 
2020
Type de publication: 
Périodique/revue