Laure Morali

Portrait de Laure Morali
Mention de source: 
Source de la photo : Sarah Rouleau photographe
1972
Biographie: 

Poète et auteure de récits, Laure Morali a commencé à écrire avec la musique des vagues autour de la presqu’île de son enfance en Bretagne et, un jour, elle est partie voir ce qui se passait de l’autre côté de la mer. Sa « Traversée de l’Amérique dans les yeux d’un papillon » en suivant « La route des vents » l’a portée jusqu’au village de Mingan sur la Côte-Nord du fleuve Saint-Laurent, où les Innus lui ont appris à lire les rêves de « La terre cet animal ». Aujourd’hui, elle habite à Montréal. Ses livres, en vers comme en prose, apportent l’un après l’autre un nouvel élément à la même histoire nomade, en un patient processus alchimique. Elle s’inspire de la poésie chinoise, japonaise, québécoise, française et amérindienne. Laure Morali écrit aussi pour la jeunesse et anime des ateliers d’écriture dans les écoles depuis plus de vingt ans. Certains poèmes qu’elle a fait émerger ont été publiés : Mingan mon village, poèmes d’écoliers innus (La Bagnole, 2012). Son site : http://lauremorali.net

 

 

Entrevue: 
Lisiez-vous de la poésie quand vous étiez à l'école ? Y a-t-il un poème en particulier dont vous vous souvenez ? : 

Oui, je lisais beaucoup de la poésie à l’école. 

À l’école primaire, nous apprenions des poèmes par cœur et les récitions devant la classe.

Je me souviens en particulier de : « La chanson des escargots qui vont à l’enterrement » de Jacques Prévert.

Quand avez-vous commencé à écrire de la poésie ? Et quand avez-vous commencé à vous considérer poète ?: 

J’ai commencé à écrire de la poésie à l’âge de treize ans. Il m’a fallu beaucoup de pages noircies avant de me concevoir comme poète. C’est arrivé en 1993, lors de ma maîtrise en création littéraire à l’Université du Québec à Montréal, année pendant laquelle ma pratique d’écriture est devenue quotidienne. J’écris maintenant depuis trente-trois ans. 

Comment voyez-vous le « travail » des poètes ?: 

Le poète prend soin du langage. Il le nettoie de tous les lieux communs. Il le rend neuf et fait entendre la puissance interne de chaque son, pour créer une musique qui nous transforme. Le poète fait dire aux mots des choses que personne avant lui n’avait jamais dites. Tout en donnant l’impression de jouer avec les mots, le poète travaille à redonner au langage sa dimension sacrée. Écrire permet de faire circuler le souffle du monde dans l’enveloppe des mots et, comme les mots font partie de notre corps, la poésie aide à mieux respirer. L’Autre entre dans le texte, notre regard se lave. L’écriture est le seul pays où il fait bon se sentir étranger. Le poète s’enfonce dans le silence, creuse le temps et recueille les traces infimes d’émotions passagères qu’il rend éternelles. « À l’image d’une rivière peu profonde dont on voit le lit de sable fin », la légèreté fluide dépeinte par Bashô s’éprouve pas à pas, avec l’intuition du temps et des frictions nécessaires aux rochers pour se changer en poussière soyeuse. Les mots polis par l’eau font naître des oiseaux qui portent des messages jusqu’au ciel. La poésie vit au pays de l’enfance. En chaque enfant sommeille un maître en poésie. Le poète ouvre une fenêtre sur le monde, celui qui nous enveloppe comme celui que nous portons à l’intérieur de nous-mêmes.

 

Si vous deviez choisir un poème à mémoriser dans notre anthologie, lequel serait-ce ?: 

« Je ne trouve pas toujours... » de Louise Dupré

Publications : 
Titre : 
Orange sanguine
Éditeur: 
Mémoire d'encrier
Date: 
2014
Type de publication: 
Book
Titre(s) du ou des poème(s): 
L'odeur de feu des routes
Titre : 
Les bruits du monde
Éditeur: 
Mémoire d'encrier
Sous la direction de: 
Laure Morali et Rodney Saint-Éloi
Date: 
2012
Type de publication: 
Anthology
Titre : 
La terre cet animal
Éditeur: 
Mémoire d'encrier
Sous la direction de: 
Laure Morali
Date: 
2003
Type de publication: 
Anthology