Laure Morali

Portrait de Laure Morali
Mention de source: 
Photographe: Sarah Rouleau
Biographie: 

Laure Morali est poète, auteure de récits, de romans et de littérature jeunesse. Elle vit à Montréal. Originaire d’une presqu’île des Côtes d’Armor en Bretagne, elle a grandi avec "La Mer à la porte" (La Part commune, 2001). En franchissant cette porte qui ouvrait sur le Québec, Laure a suivi "La route des vents" (La Part commune, 2002 ; 2015) vers "La terre cet animal" (Mémoire d’encrier, 2003; 2021), pour savoir "Comment va le monde avec toi" (Publie.net, 2013). Elle a raconté sa "Traversée de l’Amérique dans les yeux d’un papillon" (Mémoire d’encrier, 2010) et a recueilli "Les bruits du monde" (Mémoire d’encrier, 2012) sans jamais perdre de vue la lumière "Orange sanguine" (Mémoire d'encrier, 2014). Ses titres en appellent au souffle des éléments pour s’unir autour d’une quête de lumière. Laure anime des ateliers d’écriture depuis plus de vingt ans. Des textes issus de ses ateliers ont donné naissance aux livres : "Mingan mon village, poèmes d’écoliers innus" (illustré par Rogé, La Bagnole, 2012) et "Nin auass - Moi l'enfant" (anthologie co-dirigée avec Joséphine Bacon, Mémoire d'encrier, printemps 2021). Son site : http://lauremorali.net

 

 

Entrevue: 
Lisiez-vous de la poésie quand vous étiez à l'école ? Y a-t-il un poème en particulier dont vous vous souvenez ? : 

Oui, je lisais beaucoup de la poésie à l’école. 

À l’école primaire, nous apprenions des poèmes par cœur et les récitions devant la classe.

Je me souviens en particulier de : « La chanson des escargots qui vont à l’enterrement » de Jacques Prévert.

Quand avez-vous commencé à écrire de la poésie ? Et quand avez-vous commencé à vous considérer poète ?: 

J’ai commencé à écrire de la poésie à l’âge de treize ans. Il m’a fallu beaucoup de pages noircies avant de me concevoir comme poète. C’est arrivé en 1993, lors de ma maîtrise en création littéraire à l’Université du Québec à Montréal, année pendant laquelle ma pratique d’écriture est devenue quotidienne. J’écris maintenant depuis trente-trois ans. 

Comment voyez-vous le « travail » des poètes ?: 

Le poète prend soin du langage. Il le nettoie de tous les lieux communs. Il le rend neuf et fait entendre la puissance interne de chaque son, pour créer une musique qui nous transforme. Le poète fait dire aux mots des choses que personne avant lui n’avait jamais dites. Tout en donnant l’impression de jouer avec les mots, le poète travaille à redonner au langage sa dimension sacrée. Écrire permet de faire circuler le souffle du monde dans l’enveloppe des mots et, comme les mots font partie de notre corps, la poésie aide à mieux respirer. L’Autre entre dans le texte, notre regard se lave. L’écriture est le seul pays où il fait bon se sentir étranger. Le poète s’enfonce dans le silence, creuse le temps et recueille les traces infimes d’émotions passagères qu’il rend éternelles. « À l’image d’une rivière peu profonde dont on voit le lit de sable fin », la légèreté fluide dépeinte par Bashô s’éprouve pas à pas, avec l’intuition du temps et des frictions nécessaires aux rochers pour se changer en poussière soyeuse. Les mots polis par l’eau font naître des oiseaux qui portent des messages jusqu’au ciel. La poésie vit au pays de l’enfance. En chaque enfant sommeille un maître en poésie. Le poète ouvre une fenêtre sur le monde, celui qui nous enveloppe comme celui que nous portons à l’intérieur de nous-mêmes.

 

Si vous avez un poème dans notre anthologie, qu’est-ce qui vous a inspiré lors de son écriture ?: 

L'eau de cologne de ma grand-mère, son regard brûlant, la couleur des fruits qui lui rappelaient sa terre natale (les Aurès en Algérie), ainsi que ses bracelets en forme de serpents qu'elle tenait de ses grands-mères m'ont inspiré ce poème  J'ai voulu creuser dans sa mémoire lointaine en prenant appui sur des souvenirs légers de l'enfance. Les orangers est un poème inspiré par de mystérieux liens de sang, entre détermination et nostalgie, puissance et impuissance. L'amour qui traverse les générations est un puits sans fond. 

Si vous deviez choisir un poème à mémoriser dans notre anthologie, lequel serait-ce ?: 

« Je ne trouve pas toujours... » de Louise Dupré

Publications : 
Titre : 
Orange sanguine
Éditeur: 
Mémoire d'encrier
Date: 
2014
Type de publication: 
Recueil
Titre(s) du ou des poème(s): 
L'odeur de feu des routes
Titre : 
Les bruits du monde
Éditeur: 
Mémoire d'encrier
Sous la direction de: 
Laure Morali et Rodney Saint-Éloi
Date: 
2012
Type de publication: 
Anthologie
Titre : 
La terre cet animal
Éditeur: 
Mémoire d'encrier
Sous la direction de: 
Laure Morali
Date: 
2021
Type de publication: 
Recueil