Laurie Bédard

Portrait de Laurie Bédard
1987 -
Biographie: 

Passionnée de poésie depuis l’adolescence, Laurie Bédard a étudié au baccalauréat et à la maîtrise en littérature  de langue française à l’Université de Montréal et a d’abord récité ses textes dans diverses soirées de poésie avant de publier une première fois dans la revue Estuaire en 2015. Son premier recueil Ronde de nuit, est paru aux Éditions du Quartanier en 2016. À travers une écriture toujours rythmée, elle privilégie les thèmes de la mémoire du corps et des liens entre les corps, les objets et les lieux. Elle a fait paraître quelques courts textes dans les pages de périodiques tels que Espace Art actuel, Estuaire ou Bosquet. Elle travaille présentement à la rédaction de son deuxième recueil de poésie, mais c’est sur la scène que la jeune auteure adore se retrouver pour donner vie à des poèmes finis ou encore en chantier

Entrevue: 
Lisiez-vous de la poésie quand vous étiez à l'école ? Y a-t-il un poème en particulier dont vous vous souvenez ? : 

Dès le primaire, je lisais énormément. Je me souviens avoir passé beaucoup de temps à la bibliothèque de mon école secondaire à fouiller dans les rayons. Je lisais (et lis encore) un peu de tout. Passant du roman à la bande dessinée, du traité philosophique au manifeste écologique. Je me souviens que la poésie n’était malheureusement pas très accessible. Il y avait bien entendu quelques anthologies, de vieux exemplaires de Nelligan, Miron, Anne Hébert, il y avait aussi les poèmes de Pamphile Le May, un poète aujourd’hui presque oublié à partir duquel on avait nommé mon école secondaire, qui s’intéressait pourtant si peu à la poésie. Je me rabattais sur les extraits de textes choisis dans les manuels de français, qui étaient souvent des chansons, dans la portion du plan de cours qui portait sur la poésie et qui était toujours à la fin de l’année. J’avais très hâte d’y arriver et souvent, en cachette, j’essayais de les apprendre par cœur. 

Quand avez-vous commencé à écrire de la poésie ? Et quand avez-vous commencé à vous considérer poète ?: 

Au secondaire j’écrivais des poèmes d’amour qui rimaient et qui contenaient toujours tous les clichés possibles. On se les lisait entre amis. Ils se ressemblaient tous. Chez moi, en cachette, j’avais toujours un cahier Canada spécial qui était caché dans un de mes tiroirs et où j’écrivais des textes que je ne montrais à personne. J’en noircissais beaucoup. Un soir que mon père faisait du feu dans la cave, j’ai tout jeté dans le poêle. Il m’a dit « tu vas le regretter un jour » et c’est vrai que je serais curieuse de lire aujourd’hui ces textes qui pour moi, à cette époque, me semblaient beaucoup trop intimes. C’est au cégep que j’ai recommencé à écrire de la poésie. J’étudiais en arts plastiques au Vieux Montréal et je détestais produire ces textes qui doivent accompagner les œuvres, alors j’écrivais à la place un poème qui abordait les mêmes thèmes que j’avais travaillé en peinture ou en sculpture. Mes professeurs me laissaient faire parce qu’au final, ça donnait un bon résultat. C’est là que je me suis dit que je pourrais en écrire pour vrai. 

Comment voyez-vous le « travail » des poètes ?: 

Je crois que c’est d’abord beaucoup d’observer le monde dans lequel on évolue. D’en prendre des notes. Ensuite il faut organiser ces notes en un plus petit monde qui nous parait plus vif, où les choses parlent d’elles-mêmes, où elles sont montrées à la loupe et liées ensemble. Ensuite il faut réécrire. Beaucoup réécrire. 

Si vous deviez choisir un poème à mémoriser dans notre anthologie, lequel serait-ce ?: 

J’aime beaucoup le poème « C’est moi-même, Terreur, c’est moi-même », d’Aimé Césaire. Je me reconnais dans cette violence du corps mêlée à celle des éléments de la nature. Je trouve son rythme enivrant et son propos rassurant, bien qu’à la fois terrifiant. 

Publications : 
Titre : 
Ronde de nuit
Éditeur: 
Le Quartanier
Sous la direction de: 
Éric de la Rochelière
Date: 
Automne 2016
Type de publication: 
Book
Titre(s) du ou des poème(s): 
La nuit tient encore son langage instantané
Titre : 
Fils conducteurs
Éditeur: 
Estuaire #159
Date: 
2015
Type de publication: 
Periodical/Magazine
Titre(s) du ou des poème(s): 
La fois du couteau
Titre : 
Périls
Éditeur: 
Estuaire #171
Date: 
2017
Type de publication: 
Periodical/Magazine