Roger Stéphane Blaise

Portrait de Roger Stéphane Blaise
Biographie: 

Double Bachelier en Cinéma à l’UQAM et à l’Université de Montréal en Archivistique / Histoire / Littérature, Roger Stéphane Blaise est fondateur de la maison d’édition Maldoror. Il a publié 5 recueils d’aphorismes sous le pseudonyme de Dali Lama dont Le secret des Évidences (disponible chez Renaud-Bray), un essai sur la poésie intitulé Géométrie Accidentelle du Hasard Objectif, ainsi que 4 recueils de poésie de poche : Les 101 nuances de poésie; Proust-it; Au Café des Poètes et Anamorphose.

Il est présentement commissaire fondateur des Dix heures de poésie de la Nuit Blanche à Montréal et du Concours de poésie Antidote commandité par Druide informatique. Invité depuis 2007 au Marché de poésie de Montréal et de Paris, il a présenté son premier recueil : Le Refuge Global, gagnant du Prix de poésie des Franco-fêtes 2008. Ses aphorismes ont attiré le micro du communicateur Gilles Proulx et ses poèmes, celui de Claudine Bertrand à Radio Centre-ville. RSB prépare présentement l'ouverture du Café des poètes pour 2022. 

Entrevue: 
Lisiez-vous de la poésie quand vous étiez à l'école ? Y a-t-il un poème en particulier dont vous vous souvenez ? : 

« À celle qui est trop gaie », de Charles Baudelaire

 

Ta tête, ton geste, ton air

Sont beaux comme un beau paysage ;

Le rire joue en ton visage

Comme un vent frais dans un ciel clair.

 

Le passant chagrin que tu frôles

Est ébloui par la santé

Qui jaillit comme une clarté

De tes bras et de tes épaules.

 

Les retentissantes couleurs

Dont tu parsèmes tes toilettes

Jettent dans l'esprit des poètes

L'image d'un ballet de fleurs.

 

Ces robes folles sont l'emblème

De ton esprit bariolé ;

Folle dont je suis affolé,

Je te hais autant que je t'aime !

 

Quelquefois dans un beau jardin

Où je traînais mon atonie,

J'ai senti, comme une ironie,

Le soleil déchirer mon sein ;

 

Et le printemps et la verdure

Ont tant humilié mon coeur,

Que j'ai puni sur une fleur

L'insolence de la Nature.

 

Ainsi je voudrais, une nuit,

Quand l'heure des voluptés sonne,

Vers les trésors de ta personne,

Comme un lâche, ramper sans bruit,

 

Pour châtier ta chair joyeuse,

Pour meurtrir ton sein pardonné,

Et faire à ton flanc étonné

Une blessure large et creuse,

 

Et, vertigineuse douceur !

À travers ces lèvres nouvelles,

Plus éclatantes et plus belles,

T'infuser mon venin, ma soeur !

Quand avez-vous commencé à écrire de la poésie ? Et quand avez-vous commencé à vous considérer poète ?: 

Dans un projet d'éditions en démarrage d'organisme culturel au HEC de Montréal

Reconnaissance par le Mouvement Parlons Mieux (concours de poésie)

Invitation à écrire un poème rendant hommage à Raymond Lévesque

Invitation au Marché de la poésie de Montréal et Paris à partir de 2008

Comment voyez-vous le « travail » des poètes ?: 

Donner le sens au mouvement

D’une spirale volontairement en retard

Vers une issue, nulle part, bien ailleurs

Où se marque lentement et autrement

Le nom de l’incident devenu l'instant

D’un regard résistant à l’indicible

Si vous avez un poème dans notre anthologie, qu’est-ce qui vous a inspiré lors de son écriture ?: 

LA FAILLE DE L'ÂME ( inspiré de l'anthologie de Renée Lapierre )

Une fissure au fond de toi
Qui s’ouvre sur l’inconnu 
Qui t’a aimé, sans le savoir 
 
On cherche le salaud
À l’envers de nos vertus 
Décousues de haine 
 
L’érectile danger
Scintille sous le poids
Des comprimés 
 
Tu laisses entrer l’avant-bras 
Qui fait gicler l’impensable 
Chagrin de folie
 
Te fais lécher tes fautes 
Dans un mouvement de translation 
Par l’impudique patois 
 
Silencieuses,
Nos embouchures se déchirent
Par d’incommensurables commissures 
 
Qui s’envolent sur d’autres souffrances 
Portées par les ventes de feu
Qui basculent vers une pièce mal jouée 
 
Le bruit courre, sans doute 
Que le divin chante faux
Sous l’eau-de-vie
 
Qui ruisselle 
Sur nos paroles 
Les plus cruelles 
 
Sans nous guérir 
Des petits heurts 
Qui nous rongent de regrets
 
Il ne reste qu’à embrasser la solitude
Crachant quelques mots de travers
Qui frôlent cette douce folie
 
Cette chose retrouvée
Ce secret de fabrication
Qui fait couler le sens

 

 

Si vous deviez choisir un poème à mémoriser dans notre anthologie, lequel serait-ce ?: 
Publications : 
Titre(s) du ou des poème(s): 
Spirale (l’infinitif hommage à Préfontaine)
Titre : 
Le Refuge Global
Éditeur: 
Maldoror
Sous la direction de: 
BANQ 841.92 B6359r
Date: 
2007
Type de publication: 
Recueil
Titre : 
Les 101 nuances de la poésie
Éditeur: 
Maldoror
Sous la direction de: 
Maldoror
Date: 
2016
Type de publication: 
Recueil
Titre : 
La règle du Djeu (Tiré du recueil intitulé ANAMORPHOSE)
Éditeur: 
Revue Possibles Volume 44, Automne 2019
Sous la direction de: 
Anatoly Orlovsky / Claudine Vézina
Date: 
2019
Type de publication: 
Périodique/revue