Le pont

Vague est le pont qui passe à demain de naguère

Et du milieu de l’âge on est des deux côtés

Le mur ne fait pas l’ombre et n’est pas la lumière

Qu’on appelait l’hiver qu’on nommera l’été

 

Il n’est pierre de moi qui dorme quand tu danses

Chacune est une oreille et chacune te voit

Ton immobilité me tient lieu de silence

Et chacun de tes mots tombe à l’envers de moi

 

Je dis à mots petits de grands espaces d’âge

Qui font en leur milieu croire qu’il est midi

J’ai peur d’être le pont qui prend pour son voyage

Le voyage de l’eau entre ses bras surpris

 

Il va neiger tantôt d’une neige si calme

Sur des rives de moi où j’hésite à courir

Que je m’attache à tout ce qui me semble halte

Sur la courbe attelée aux chevaux de mourir

Vigneault, Gilles,  « Le pont », Silences, Nouvelles éditions de l’Arc, 1978.

Pour aller plus loin: 

1. Trouvez le sujet de chaque strophe. Quelle figure de style est utilisée pour décrire ce sujet ? À quelle émotion pouvez-vous associer chacune de ces idées ?

 

2. Trouvez les images qui parlent du temps. Comment le poème fait-il dialoguer l’idée du temps avec celle de la nature ? Pourquoi selon vous le « je » s’attache-t-il à tout ce qui lui semble halte ?

 

3. De quoi le « je » du poème a-t-il peur ? Trouvez dans le texte trois stratégies déployées par celui-ci pour combattre sa peur.

 

4. Lisez ce poème à voix haute en imaginant que vous avez 50 ans. Maintenant que vous avez la sagesse, quel conseil donneriez-vous, à la suite de cette lecture, à quelqu’un qui aurait 15 ans ? 

 

Activité d'écriture

Imaginez un personnage. Séparez sa vie en trois périodes et décrivez-les en une phrase, en comparant chaque période à un élément de la nature.

 

Lien utile

Entrevue avec Gilles Vigneault à Second Regard, le 19 novembre 2017
 

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