L’olive

Joachim Du Bellay

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Si notre vie est moins qu’une journée

En l’éternel, si l’an qui fait le tour

Chasse nos jours sans espoir de retour,

Si périssable est toute chose née,

 

Que songes-tu, mon âme emprisonnée ?

Pourquoi te plaît l’obscur de notre jour,

Si pour voler en un plus clair séjour,

Tu as au dos l’aile bien empennée ?

 

Là, est le bien que tout esprit désire,

Là, le repos où tout le monde aspire,

Là, est l’amour, là, le plaisir encore.

 

Là, ô mon âme, au plus haut ciel guidée,

Tu y pourras reconnaître l’Idée

De la beauté, qu’en ce monde j’adore.

Du Bellay, Joachim, « L’olive », L’olive, Genève, Droz, 1974 [1549].