Émilie Turmel

Portrait de Émilie Turmel
1988
Biographie: 

Née à Montréal en 1988, Émilie Turmel a grandi à Québec. Poète, performeuse et travailleuse culturelle, elle a publié son premier livre, Casse-gueules (Prix René-Laynaud, finaliste Prix Émile-Nelligan), aux éditions Poètes de brousse, en 2018. Titulaire d’une maîtrise en littérature française et d’un diplôme de deuxième cycle en création de livres-objets de l’Université Laval, elle a aussi étudié et enseigné la philosophie. Elle habite aujourd'hui à Moncton, au Nouveau-Brunswick, où elle assure la direction générale du Festival Frye, le plus important événement littéraire au Canada atlantique. 

Entrevue: 
Lisiez-vous de la poésie quand vous étiez à l'école ? Y a-t-il un poème en particulier dont vous vous souvenez ? : 

À l’école secondaire, on nous a fait lire Rimbaud et Nelligan. Je me souviens d’avoir appris par cœur « Les animaux malades de la peste », une fable de La Fontaine. On nous faisait aussi écrire des sonnets. J’ai donc longtemps pensé que la poésie ne s’écrivait qu’en alexandrins rimés. C’est plutôt à travers des films que la figure du poète a retenu mon attention pour la première fois : Cyrano de Bergerac et La société des poètes disparus. À l’époque, j’avais somme toute une vision assez romantique de la poésie. 

Quand avez-vous commencé à écrire de la poésie ? Et quand avez-vous commencé à vous considérer poète ?: 

Au cégep, dans un cours de littérature, un enseignant nous a demandé de tenir un journal de lectures. Il fallait y retranscrire des citations et y noter nos impressions. Après ma lecture de « Moments fragiles » de Jacques Brault, j’ai écrit mes premiers vers, un peu comme si je répondais au poète. J’ai alors pris l’habitude de gribouiller des poèmes dans mes cahiers et dans les marges des livres. Je ne prenais pas ça au sérieux, je ne pensais pas que mes poèmes pouvaient intéresser quelqu’un d’autre que moi. C’est un de mes professeurs d’université qui m’a encouragée à soumettre mes textes à des revues et des concours. Puis, avec des ami-e-s, nous avons fondé un collectif d’auteur-e-s et nous avons présenté plusieurs spectacles littéraires. À partir de ce moment, je me suis mise à réfléchir à ce qu’était la poésie et ce qu’elle pouvait faire. C’est là que j’ai décidé d’en faire une partie importante de ma vie. 

Comment voyez-vous le « travail » des poètes ?: 

L’arme du poète est la métaphore dans tout ce qu’elle a de déstabilisant. « Sous les mots il déplace toutes choses », écrivait Saint-Denys Garneau. Le poète joue avec les formes du langage pour dévoiler la pluralité du réel. Il donne consistance et épaisseur au vécu. Le travail du poète consiste à donner à sentir et à penser; il pose des questions plutôt qu’il n’impose de réponses; il fait un pas de côté, pour voir le monde différemment.

Si vous deviez choisir un poème à mémoriser dans notre anthologie, lequel serait-ce ?: 

« Nous » de Geneviève Desrosiers est un grand poème. Je choisirais celui-là. Dans son livre, Nombreux seront nos ennemis, il y a aussi « Mon tendre », à lire et relire.

Publications : 
Titre : 
Casse-gueules
Éditeur: 
Poètes de brousse
Date: 
2018
Type de publication: 
Book
Titre(s) du ou des poème(s): 
L'horoscope de la veille
Titre : 
Françoise Stéréo : anthologie
Éditeur: 
Moult éditions
Date: 
2018
Type de publication: 
Anthology
Type de publication: 
Anthology