France Daigle

1953 -
France Daigle

France Daigle (1953- ) est écrivaine et poète canadienne d’expression française. Promotrice du chiac — dialecte acadien français mélangé à l’anglais — dans le dialogue écrit, ses poèmes et sa prose poétique lui servent de terrain d’exploration. Le langage prend une place importante dans ses œuvres, un langage qui se découvre par le contact avec un autre : anglais, français, chiac. Énumérations, classifications, interstices, voltiges et sens de l’humour parsèment ses poèmes. Parfois aussi, sa poésie se rapproche de l’écriture cinématographique. Elle remporte le prix Champlain en 2012, prix qui récompense un auteur francophone vivant en dehors du Québec.

En entretien 

Lisiez-vous de la poésie à l’école ? Y a-t-il un poème en particulier dont vous vous souvenez ? 

Comme tout le monde, je me suis familiarisée avec la poésie pendant mes années d’école, c’est-à-dire avec plus ou moins d’intérêt. C’est à travers les textes de chansons que la poésie m’est apparue plus clairement. Je pourrais nommer des centaines de chansons qui m’ont véritablement parlé, sans doute parce qu’elles étaient de mon époque et qu’elles me parlaient « nouvellement » de choses qui m’étaient familières. Les chansons de Leonard Cohen par exemple, je les comprenais, à ma manière, bien plus qu’un poème de Lamartine, disons. 

 

Quand avez-vous commencé à écrire de la poésie ? Et quand avez-vous commencé à vous considérer comme poète ?

À vrai dire, je ne me considère pas vraiment « poète », bien que parfois j’en écrive. La poésie n’est pas ma forme de prédilection. C’est simplement que parfois elle m’arrive, un peu accidentellement. À mes débuts en écriture, il était peut-être plus naturel ou facile de viser cette forme courte, comparativement au roman par exemple.

 

Quel est le « travail » du poète à votre avis ? 

Je trouve que la phrase suivante de Lawrence Durrell résume bien le travail du poète, comme de tout écrivain : « Écrire [un roman] c’est se donner un but et y aller en dormant». En autres mots, on sait un peu comment faire, mais jamais trop ce que cela va donner.

 

Comment avez-vous écrit « Sur les traces de Marianne Godbout, cordonnière et savetière » ?

Pendant une décennie environ, jusqu’au début des années 80, j’avais l’ambition floue de devenir cordonnière. Vers la fin, j’ai vécu une année à Montréal et exploré les possibilités dans ce domaine, entre autres. Le poème résume un peu cette expérience.

 

Si vous deviez choisir un poème de notre anthologie à apprendre par cœur, lequel choisiriez-vous ?

Le plus court.

 

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